La Sierra Prod

La ville du Blanc-Mesnil, l'Etablissement Public Territorial Paris Terres d'Envol, la Direction des services départementaux de l'éducation nationale, la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France s’associent pour mettre en place un dispositif pour développer l’éducation artistique et culturelle : le Contrat Local d’Education Artistique (CLEA).
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Dans ce cadre, une résidence mission d’artistes, en faveur d'un public d’enfants et de jeunes âgés de 6 à 16 ans a été mise mise en œuvre de novembre 2016 à Mai 2017. Cette résidence s'est inscrit dans le champ artistique des musiques actuelles afin de créer des temps :

  • de rencontres artistiques,
  • de sorties pédagogiques,
  • d’actions artistiques dans les écoles élémentaires (niveau CM),  les sites périscolaires et jeunesse, sur le territoire de Blanc-Mesnil et Terres d'Envol
  • de valorisation et de concert des artistes.

La résidence est intégrée dans le projet artistique du Deux Pièces Cuisine équipement municipal, scène conventionnée – lieu de musiques actuelles du Blanc-Mesnil.

Le collectif LA SIERRA PROD avec Victor COUP?K, Raphael OTCHAKOWSKI, E.one et Charlotte DUFRANC,  ont été retenus pour mener ce projet durant cette nouvelle année scolaire avec une approche créative autour de l’écriture de textes et de l’improvisation musicale.

Quelques extraits des ateliers déjà menés par la Sierra Prod, en consultant les vidéos – ici :

PRÉSENTATION DE LA DÉMARCHE ARTISTIQUE DE VIKTOR COUP?K ET DE SON COLLECTIF LA SIERRA PROD

VIKTOR COUP?K : LA TRANSMISSION D’UNE PASSION Viktor Coup?K, auteur interprète, débute sa carrière de rappeur en 1999 avec la création du groupe Kalash, en duo avec Jack Mes, beatmaker. Le prestigieux titre de « Zulu King » lui est délivré par le doyen Dee Nasty pour ses textes, ses improvisations et son activisme au sein du groupe Kalash. Après trois albums, cinq EP et plusieurs tournées, ils se séparent et Viktor crée son projet solo en 2012 lors de résidences de création à Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen, 93).
Crée ou Crève !, son premier EP en tant que Viktor Coup?K, sort en 2014 ; il additionne savamment au rap des influences musicales variées. Il sera suivi de près par Montre-moi ta langue en 2015 (Paradoxx Prod-Musicast-Because Ed).

Après une tournée avec la société de production À gauche de la Lune, qui lui permettra de parcourir la France entière en faisant la première partie de ses « maîtres » (Gang Starr, The Roots…), ce sont ses amitiés avec les nombreux disquaires de la capitale, mais surtout avec Madj (fondateur d’Assassin Production) qui le font passer du micro aux platines le temps d’une ouverture sur le rock, la soul, le funk ,l’électro… Autant d’esthétiques musicales qu’il y a de soirées parisiennes à Mains d’OEuvres, au Saint-Sauveur, La Féline, le Mondial du Tatouage, le Mama Shelter, et le Bus Palladium.

Puis il fait la rencontre des Haters : nébuleuse dont les figures de proue sont le guitariste Sir Hill, le Vj *H et le Dj Moktarr. Comme dit le dicton : “Haters Gonna Hate” : ensemble ils prennent un malin plaisir à pousser la disto de guitare dans les concerts rap, défendre la poésie cérébrale et monter les basses électroniques sur les scènes chanson : la collision “Viktor & The Haters” est née. Ils sont rapidement rejoints en studio par le guitariste Yan Péchin (Bashung, Miossec, Fontaine), Étienne Nicolas de Cheveu, Stekri de Dezordr ou encore Dj Vas de Kojak, eux-mêmes suivis d’une horde de Haters sympathisants d’un post-rap dont le leitmotiv est d’exploser les barrières musicales et donner vie à une poésie surréaliste, marginale et contemporaine. C’est «l’esthétique du choc» : des «îles sans péage» sous des battements urbains mécaniques, des petits morceaux d’espoir sur fond de No Futur.
Le premier album de Viktor & The Haters est actuellement en cours de création, la sortie est prévue début 2017.

Dès le début de sa carrière artistique, Viktor se passionne et s’engage sur des ateliers d’écriture rap à destination des jeunes, en partenariat avec des établissements scolaires, structures d’animation jeunesse ou structures judiciaires franciliennes : Sarcelles, Issy les Moulineaux, Villeneuve la Garenne, Poissy, Rosny, La Courneuve, Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Saint-Denis, Saint-Ouen, Paris18e, ou encore au Quai Branly ou à l'Institut du Monde Arabe…
Considérant en effet que la découverte du hip-hop a changé sa vision du monde à l’adolescence et l’a ouvert à d’autres horizons, il souhaite faire vivre cette expérience aux jeunes qu’il rencontre. Depuis toujours, cette démarche pédagogique fait donc partie intégrante de son travail de création artistique.

Il fait ainsi le choix de mettre sa passion au service de la transmission des savoirs et de la culture, en l’occurrence hip-hop, et communique aux enfants et aux jeunes dont il croise la route son engouement pour l’écriture, la recherche du phrasé, de la rime, du rythme, la composition musicale, le free-style. Il y instille une véritable approche de coaching en présence scénique, positionnement de la voix et du corps, chant.

LA NAISSANCE D’UN COLLECTIF

En 2008 il co-fonde avec d'autres artistes La Sierra Prod, association loi 1901, une suite logique à sa démarche déjà bien entamée : des professionnels reconnus dans leur métier, la musique et le cinéma, s’inscrivent dans une démarche de transmission des savoirs à des jeunes, dans les établissements scolaires mais aussi hors de tout établissement scolaire.

Viktor assume désormais la responsabilité du pôle musique de l'association et est intervenant écriture et composition musicale tout au long de l'année sur des ateliers (3 projets en 2015-2016) avec des jeunes âgés de 8 à 22 ans.

Parce qu'aujourd'hui la musique est devenue indissociable de la vidéo chez les jeunes – de l’utilisation de YouTube à Instagram, en passant par Vine – le collectif d'artistes musiciens rassemblé autour de Viktor au sein de La Sierra Prod s'agrémente de la participation d'une vidéaste. Il réunit :

  • Raphaël Otchakowski, « enfant des musiques actuelles » qui s'est professionnalisé grâce aux dispositifs d'accompagnement des pratiques amateurs, et musicien polyvalent : batterie, chant,rap, beat box, MAO
     
  • Ewan Souben, aka E.one, originaire du Blanc Mesnil (93), rappeur au sein du groupe PREMIERE LIGNE en compagnie du rappeur Skalpel du groupe La K.Bine et Akye, DJ, fondateur du site et label BBOYKONSIAN. Il revendique un son brut et lourd aux multiples influences (soul, rock, reggae mais aussi classique, électro plus sombre), des textes violents, poétiques, toujours lucides et sans concession, une démarche intègre et indépendante.
     
  • Charlotte Dufranc est réalisatrice de documentaire. Elle a réalisé des courts métrages dont Pappeske (2013), Dans les pas du cinéma (2011), Salve Regina (2010) et travaille actuellement sur l’écriture d’un long métrage documentaire. Elle participe aussi à des projets en tant que cadreuse et monteuse pour des captations visant à valoriser le travail d’artistes de spectacle vivant au sein de l’association Captive.

Ensemble ils dispensent des ateliers pédagogiques destinés à des enfants et des adolescents des quartiers Nord du 18e (porte de Clignancourt à porte de Montmartre) et banlieues proches en Seine-Saint-Denis, autour de projets mêlant l'écriture de paroles, la composition musicale et la vidéo (écriture de scénarios et réalisation de clips ou courts métrages musicaux).

LA SIERRA PROD : UN COLLECTIF DE PROXIMITÉ OÙ DÉMARCHES ARTISTIQUE ET ÉDUCATIVE SONT INTIMEMENT LIÉES

Le collectif Sierra Prod, association loi 1901 agréée Jeunesse et Éducation Populaire et Service Civique, est né en 2008, fondé par Viktor Coup?K, entouré de musiciens, réalisateurs et techniciens du film documentaire et photographes. Il trouve sa raison d’être autour du projet de démolition d’une tour HLM du quartier de la Porte de Montmartre. L’envie naît de figurer les changements que cette démolition va engendrer, comment les habitants et les usagers du quartier les vivent, les imaginent, comment ils se projettent dans l’après. Montrer aussi le renouvellement urbain, et l’impact de ce renouvellement sur les habitudes de vie de chacun. Dès le départ, La Sierra utilise le langage cinématographique, musical ou photographique comme outil de lien social. Au-delà de « montrer », elle initie et accompagne la création d’oeuvres par et pour les habitants du quartier.

Au-delà de la démolition de la tour, les actions de la Sierra se sont vues pérennisées. Son objectif est aujourd’hui de lutter contre l’isolement social, culturel et éducatif que trop souvent la ville engendre dans ses quartiers en périphérie. Au cours de stages et d’ateliers, les habitants de quartiers populaires sont initiés aux différentes techniques artistiques par des professionnels. Ils vont ainsi à la rencontre d’autres habitants pour réaliser des chansons, des documentaires, des portraits sur leur histoire, leur quartier, leur vie au quotidien. La transmission se met ici au service de la mémoire des gens et des lieux. Des liens intergénérationnels et interculturels se nouent, tandis que les oeuvres se construisent ensemble.

Chaque session annuelle d’ateliers aboutit à une restitution publique (concert, projection des films réalisés, exposition…), encourageant chacun à penser que la culture est son affaire.


QUELQUES EXEMPLES D’ATELIERS DISPENSÉS PAR VIKTOR COUP?K ET SON COLLECTIF

Mon quartier quand je rêve

  • depuis 2014 un atelier scolaire avec l'école Dorléac (Paris 18e) pour une classe de 25 enfants
  • depuis 2015 un atelier hors scolaire qui se pérennise l'année prochaine, avec un groupe de 25 enfants

S’appuyant sur l’Histoire de leur quartier en rencontrant un « vieil » habitant, des enfants de 8 à 11 ans du quartier de la Porte Montmartre / Porte de Clignancourt (18e) écrivent des histoires – musicales et visuelles – en laissant vagabonder leur imagination (association de mots, d’idées, de sons…) comme quand ils rêvent. Ils s’approprient leur quartier en utilisant son Histoire comme matériau de leur imagination. Encadrés par un conteur (travail sur l’expression orale), un musicien parolier (travail sur l’expression écrite) et un vidéaste (travail sur l’écriture en images) ils réalisent ensemble des chansons, des courts-métrages musicaux.

Héros Ordinaires

  • depuis 2011 un atelier hors scolaire avec 25 jeunes
  • de 2011 à 2015 un atelier scolaire au Lycée Rabelais (Paris 18e) avec une classe de 20 élèves
  • de 2010 à 2013 un atelier scolaire au Collège Clemenceau (Paris 18e) avec une classe de 20 élèves

Des jeunes de 13 à 22 ans encadrés par des professionnels, s’initient aux outils de la musique et de la vidéo, apprennent à envisager l’expression culturelle comme un moyen de se raconter, de mettre en images, en musique, un parcours de vie, les blessures rencontrées, surmontées… Des combats de vie du quotidien vécus par « leurs » héros ordinaires ou leurs proches, ou bien à partir d'un portrait filmé d'un héros ordinaire, issu de la collection de dvd de « récits de vie » existante créée par l'association.
Il en émerge des textes dont ils sont les auteurs, en composent la musique, réalisent un clip en s’inspirant de ces récits de vie.

Moi c'est Nous

  • en 2015 / 2016 avec une classe de 4e du collège Delaunay (Paris 19e) de 25 élèves

Au sein d'un collège, des élèves écrivent une chanson, composent la musique, réalisent un clip en s’inspirant de « Récits de vie ». Ces récits de vie sont des personnes à la retraite en «chair et en os» qui viennent se mélanger aux jeunes, participent aux séances de l’atelier. Des générations qu’on a l’habitude d’opposer, se rencontrent dans cet atelier, se racontent et créent ensemble en croisant leur propre histoire de vie, renforçant les liens intergénérationnels.

Visionner les clips des ateliers

Morceaux des ateliers en écoute ci-dessous